Depuis 2009, le lycée Jean ZAY, en partenariat avec le Centre d'Art le Creux de l'Enfer, accueille un artiste en résidence. Cette année c’est Lucie Douriaud, qui a investir le lycée de janvier à mars 2026.
Résidence de médiation auprès des élèves mais aussi résidence de co création
Pendant quelques semaines l’artiste va vivre au rythme du lycée, faire connaître son travail et réaliser des œuvres avec les élèves, étudiants et personnels du lycée (agents et enseignants).
Après une première phase de rencontres et d'imprégnation pour mieux connaître le lycée et le bassin thiernois, Lucie Douriaud a poursuivi sa résidence de co-création et production de nouvelles œuvres avec les élèves et étudiants soit dans le cadre d'ateliers, soit sur la base du volontariat.
Qui est Lucie Douriaud ?
Artiste-plasticienne vivant à Paris et travaillant à Aubervilliers, elle construit sa pratique autour des médias de la sculpture, de l’installation et du dessin.
Lucie Douriaud développe un processus créatif fondé sur la transformation d’objets du quotidien (sac poubelle, sapin de Noël, tee shirts) en matériaux fragmentaires (copeaux, grains, poudres) ou filaires (rubans, bandelettes, fils) qui s’organisent dans un nuancier.
Les fragments sont introduits dans un matériau liant (plâtre, papier mâché, pâte de verre), tandis que les fils sont associés selon des techniques textiles (macramé, tressage, tissage). L’ensemble produit de nouvelles formes sérielles que l’artiste articule à l’échelle des espaces dont elle dispose.
Lucie Douriaud pose un regard critique sur l’évolution des paysages ruraux (moyenne montagne, littoral) et urbains (parcs et jardins). Elle questionne la façon dont les aménagements du territoire (domaine skiable, port de pêche, exploitation minière, sylviculture, jardinage) participent et perpétuent un rapport de déconnection entre l’humain et la nature.
L’artiste s’engage dans une pratique construite par la succession de gestes lents et répétitifs (trier, découper, tamiser, broyer) dont elle tire un intérêt esthétique (motif) mêlé à un bénéfice méditatif et collaboratif. Ces ralentisseurs participent à une enquête formelle (géométrie) et matérielle (géologie) qui questionne l’origine du monde terrestre.
Lucie Douriaud tente de déconstruire les fondements d’un système productiviste en proposant des solutions de reconnexions aux cycles naturels et entre humains et non-humains.
Déroulé de la résidence
Au lycée, elle s'est entourée de collègues de "sciences industrielles de l'ingénieur", de "sciences physiques et chimie", ou encore des aides et techniciens de laboratoire de sciences physiques. Ensemble, ils ont mis en œuvre un protocole scientifique de cristallisation afin de l'utiliser pour réaliser une œuvre.
De même, Lucie a joué le rôle de conseiller technique avec les élèves de première générale dans les projets qu'ils ont présentés à la finale académique des "Olympiades des Sciences de l'Ingénieur", le thème de cette année étant "l'ingénierie au service de l'art".
La résidence s’accompagne de 2 visites au Centre d'Art le Creux de l'Enfer pour les classes de 2nde où ils ont eu l’occasion de voir l'exposition « FilaFilon » programmée par le centre d’art jusqu'au 20 septembre. Le finissage de la résidence s’est tenu le 28 mai au lycée.
Cette résidence, financée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Rectorat (pass culture) et la Maison Des Lycéens (MDL), a clairement été placée sous le signe de la collaboration et du partage.
La démarche de Lucie se veut argumentée. Son travail est de ce fait particulièrement étayé et abouti. Les élèves et le personnel y ont été sensibles. Les qualités humaines et relationnelles de Lucie Douriaud y ont grandement contribué.








